Rencontre avec … Pascale Maret

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Lors de cette dernière rencontre proposée le mercredi 30 mars à la médiathèque de La Turbine – Cran-Gévrier, de nombreux élèves de la classe de Mme Lacroix de l’école des Cordeliers à Seynod et d’autres jeunes des clubs de lecture ont échangé avec Pascale Maret à propos de son roman Bon Zigue et Clotaire .

Ce roman réunit un garçon plutôt timide, Clotaire, qui se sent bien seul et qui rêve d’avoir un chien et Bon Zigue, un corniaud trouvé à la SPA, doué de parole, et qui entraîne notre héros dans des aventures rocambolesques.

Certains éléments à l’origine de ce roman se retrouvent dans la propre histoire de Pascale Maret, qui, enfant, rêvait de posséder un chien. Elle s’était, à l’instar du jeune héros, inventé un animal imaginaire, nommé Dagobert, comme dans Le club des cinq. Elle n’obtint, hélas, qu’une souris blanche, vieille de surcroît… Le prénom de Clotaire lui a été inspiré par un de ses élèves, qui était devenu l’objet des moqueries de ses camarades à cause de ce prénom désuet. Quant à l’argot, il est intimement lié aux moments partagés avec son père quand celui-ci abandonnait son langage châtié d’instituteur pour faire rire sa petite fille.

Pour le plaisir des mots, elle a choisi l’argot pour faire parler Bon Zigue. Ce brave corniaud qui a longtemps appartenu à un malfrat ne pouvait que s’exprimer dans ce langage qui est certes familier mais pas grossier, inventé par des prisonniers afin de ne pas être compris de leurs gardiens et en perpétuelle évolution.

A la réflexion d’un jeune lecteur s’étonnant du fait que la plupart de ses héros sont de sexe masculin, elle avoue qu’elle a, toute son enfance, rêvé d’être un garçon. Cette vie lui semblait plus intéressante, plus aventureuse. Elle a même demandé au Père Noël de la transformer, en vain…

Comment Pascale Maret est-elle devenue écrivain ?

« On peut ne pas aimer lire, mais je connais peu de gens qui n’aiment pas les histoires » nous confie-t-elle. Elle aime les mots, elle aime les histoires, reste l’écriture. Pour elle, il lui faut du temps, du temps pour connaître peu à peu ses personnages, du temps pour laisser mûrir les choses. Même si elle se définit elle-même comme « une glandeuse », une fois qu’elle a vraiment envie de se lancer dans la narration, elle trouve la persévérance d’aller jusqu’au bout. Elle prend alors un cahier dans lequel elle écrit une première fois son texte, elle fait un plan, elle a besoin de connaître la fin tout en se donnant le loisir de l’imprévu. Écrire devient alors comme un voyage qu’elle aurait préparé, dont elle connaîtrait la destination mais pas obligatoirement toutes les étapes. Elle a reçu un jour les encouragements de deux académiciens lors d’un concours de nouvelles qu’elle a remporté ; cela lui a donné envie de continuer à écrire. Ce plaisir est, pour elle, bien plus fort que celui de lire car il permet de vivre un temps beaucoup plus long avec ses personnages et de partager leurs aventures. Et même si elle s’attache profondément à eux, à la fin de chaque histoire, elle leur dit adieu, parfois avec la larme à l’œil, sans imaginer de suite. Son dernier roman, à destination d’un public de grands ados N’y pense plus, tout est bien vient de sortir au mois de mars.

Le plaisir des mots, l’amour des histoires, le plaisir de vivre d’autres existences à travers les personnages qu’elle invente, Pascale Maret aura su nous communiquer son bonheur d’être écrivain.