Rencontre avec … Jean-Christophe Tixier

Mercredi 16 mars 2016, invité pour son livre 10 minutes à perdre, Jean-Christophe Tixier est venu rencontrer ses lecteurs à la bibliothèque de Poisy.

L’idée de ce roman est née à la suite d’un dégât des eaux survenu dans son appartement. Obligé de détapisser les murs abîmés, il découvre des inscriptions laissées par les précédents occupants. Il ne s’agit que de banales recommandations concernant l’installation électrique mais cela suffit à libérer son imagination. Pourquoi ne pas écrire une histoire qui partirait de cette anecdote et se transformerait en message virtuel ?

Le roman, d’abord refusé par son éditeur habituel, sera publié dans la collection Souris noire chez Syros. Plébiscité, il est maintenant engagé dans plus de 15 prix littéraires !

Jean-Christophe Tixier a travaillé pendant 20 ans pour l’Éducation nationale, en tant que professeur d’économie puis de proviseur. Son premier écrit se nomme La Rosalie. Il y raconte une histoire familiale, celle de ses grands-parents maternels et notamment de sa grand-mère, enceinte, partie sur les routes de l’Exode en 1939 avec ses trois filles et sachant à peine conduire, au volant de la fameuse « Rosalie », modèle Citroën de l’époque.. Cette nouvelle publiée lui ouvre les portes de l’écriture. Depuis une trentaine de romans pour adultes ou jeunes, nouvelles et pièces de théâtre ont vu le jour.

L’auteur a confié à son public quelques secrets d’écriture :

Avant de se lancer dans la rédaction proprement dite de son roman, il passe énormément de temps à réfléchir aux personnages, à l’intrigue, aux lieux de son histoire… Tout doit être parfaitement ficelé. Pour 10 minutes à perdre, l’histoire se passe à la campagne, dans une vieille maison aux sinistres craquements où Tim vient d’emménager. Cela induit l’isolement du héros aggravé par des difficultés d’accès à internet et au téléphone. Le suspense peut alors fonctionner !

Il a actuellement une quinzaine de projets en tête.Sachant que chaque projet nécessite 2 ou 3 ans de travail, il peut travailler sur plusieurs textes à la fois, à des stades d’avancement différents. Pour retrouver l’ambiance propre à chaque projet, il écrit en musique sur une chanson dédiée. Cette astuce permet à son cerveau de se conditionner et de passer d’une histoire à l’autre.

Quant à la question du choix d’écrire pour les adultes ou les enfants, Jean-Christophe Tixier ne se la pose pas vraiment :

« Les plaisirs sont différents. Écrire pour les enfants impose d’aller droit au but, de tenir en haleine le lecteur pour l’inciter à aller au bout de l’histoire. » Et puis, il a avoué que « le premier problème pour un auteur jeunesse est d’ éloigner les parents afin de laisser toute la place aux héros ! »

Écrire pour les adultes est plus « reposant ». Cela n’impose pas un rythme aussi soutenu que pour les enfants. Cela permet de prendre plus de temps pour décrire la psychologie des personnages ou de raconter des choses plus dures, plus noires.

L’idée d’écrire La traversée qui relate le voyage d’un jeune africain à destination de l’Europe, lui est venue par la volonté d’humaniser un fait d’actualité qui se résume à des chiffres dans les journaux mais est bien plus que cela. Les migrants vivent continuellement dans l’incertitude, ils ne savent jamais de quoi leurs lendemains seront faits. Jean-Christophe Tixier a eu l’occasion de passer quelques jours dans « la jungle » de Calais, avec des migrants. Ceux-ci lui ont confié avoir eu l’impression d’être redevenus des êtres humains le temps de sa venue.

Il a ensuite abordé les relations de l’auteur avec son éditeur. Personnage important dans la création du livre, l’éditeur amène un regard extérieur indispensable à l’auteur en l’amenant à se poser des questions pour faire évoluer son histoire, améliorer son texte. C’est aussi lui qui choisit l’illustrateur de la couverture du livre, qui a le dernier mot sur le choix de son titre.

Après cette rencontre riche, les lecteurs ont pu faire dédicacer leurs romans, grâce à la présence de la librairie L’île aux livres.